Services civiques dans les établissements scolaires : encore un coup de com’ ?

jeudi 23 novembre 2017
par  David Caillet

Lors de l’annonce de leur recrutement le SNES-FSU avait déjà dénoncé le remplacement d’emplois (contrats aidés, AED) par des services civiques afin de remplir des missions pérennes dans les établissements scolaires (surveillance, accompagnement éducatif...).
Pour rappel : http://www.besancon.snes.edu/IMG/pdf/info-services-civiques-rentree-2017.pdf
Au-delà des problématiques posées par la nature même de ces services civiques, il apparaît aujourd’hui que leur recrutement pose aussi de véritables difficultés.
En effet, à l’heure actuelle, rares sont les établissements qui ont pu recruter des VSC. Les candidats ne se bousculent pas et quand il y en a, leur profil ne correspond pas forcément aux missions qui les attendent dans l’établissement. De plus, cette absence de candidats n’est pas limitée aux petits établissements ruraux dont l’isolement pourrait expliquer leurs difficultés. Les établissements situés dans les aires urbaines comme Vesoul ou Héricourt peinent également à mener à bien le recrutement. Il est vrai que pour des jeunes de 18 à 25 ans, une indemnité d’environ 570 euros pour 20h de service quand il faut parfois en plus se déplacer et posséder un véhicule, peut décourager. D’autant plus que dans les établissements scolaires, ces derniers seront amenés à remplir des missions similaires aux AED ou aux contrats aidés bénéficiant eux d’un véritable contrat de travail et d’une véritable rémunération.
Une fois de plus, il semble donc que le ministère se soit contenter de faire de la communication pour « vendre » son dispositif « devoirs faits » dans les collèges et faire passer la pilule du plan social annoncé à l’encontre des contrats aidés.
Le résultat est sans appel :
- beaucoup de personnes qui bénéficiaient de contrats aidés se retrouvent ou vont se retrouver sans emploi,
- les établissements scolaires se retrouvent quant à eux avec des équipes éducatives davantage fragilisées. Ils doivent donc d’ores et déjà « faire des choix » entre surveillance, accompagnement éducatif, etc.
En attendant, le ministre peut continuer à parcourir les médias pour discourir sur une réalité qui n’existe que dans ses dossiers...