Le 22 mai, grève et manifestation des agents de la Fonction publique et des usagers : 400 personnes dans les rues de Vesoul

mercredi 23 mai 2018
par  David Caillet

On ne va pas cacher que c’est un bilan en demi-teinte et que l’on attendait davantage de monde dans les rues de Vesoul hier. Ce sont malgré tout 400 personnes qui se sont réunies place du 11e Chasseurs pour manifester ensuite dans les rues. Plusieurs prises de parole ont eu lieu au cours du parcours jusqu’à la gare et une délégation intersyndicale a été reçue par le préfet.
Point positif : une réelle convergence des luttes avec la présence parmi nous de salariés du privé et notamment ceux de PSA (voir vidéo) où la direction de Vesoul a demandé aux salariés de travailler davantage sans augmentation salariale équivalente !

Liens vers les articles de l’Est Républicain :
https://www.estrepublicain.fr/edition-de-vesoul-haute-saone/2018/05/22/vesoul-400-personnes-defilent-pour-la-defense-du-service-public
https://www.estrepublicain.fr/edition-de-vesoul-haute-saone/2018/05/22/journee-action-intersyndicale-a-vesoul

Lien vers le site de France 3 et le reportage sur PSA :
https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/haute-saone/vesoul/vesoul-salaries-psa-manifestent-fonction-publique-1479561.html

https://youtu.be/LE0zQEfXiA8

22 mai : déclaration de la FSU 70 lors de la journée de grève et de mobilisation de la Fonction publique.

Bonne nouvelle ! Aujourd’hui, des gens râlent !

Ils râlent à cause des grèves ! Ils râlent parce qu’ils ne peuvent pas prendre le train pour aller au travail. Ils râlent parce que leurs enfants ne peuvent aller à l’école. Ils râlent parce qu’ils n’auront pas leur courrier.

A tous ceux, à toutes celles qui râlent, nous disons : Si vous râlez un jour de grève, c’est que vous ne pouvez pas vous passer du service public. Et vous avez raison.

Sans service public, sortez votre carte bancaire.
Sans service public, heureux futurs parents, pour payer l’accouchement, ce sera 2000 euros.
Sans service public, pour bénéficier d’un traitement contre une longue maladie, ce sera 8 000 euros par injection chaque mois.
Sans service public, pour vous sauver la vie par une opération cardiaque, ce sera entre 40 000 et 50 000 euros.
Sans service public, pour inscrire votre enfant à l’école primaire, ce sera 8 000 euros par an ; pour l’inscrire au lycée 11 000 euros par an.
Sans service public, pour poursuivre des études supérieures, ce sera un emprunt sur 15 ans.
Et si vous n’avez pas les moyens et que vous n’avez plus le service public, qu’en sera-t-il de votre vie, de celles de vos enfants, de celles de vos proches…

Alors vous avez raison de râler !

Le gouvernement surjoue l’autorité, la fermeté et l’intransigeance. Dans la réalité, il connait des échecs que par son contrôle des médias, il passe sous silence. Les 2 premières journées de mobilisation ont permis un premier recul du gouvernement ; le gouvernement a en effet renoncé à son projet de différencier le point d’indice entre les trois versants de la Fonction Publique.
Malgré sa propagande, la convergence des luttes n’est plus seulement un slogan, c’est une réalité qui avance jour après jour avec l’entrée en lutte de plus en plus de salariés, nos amis de Peugeot ici présents ce matin, avec l’entrée en lutte de plus en plus d’agents, des agents d’Air France, de la SNCF, des Ehpad et récemment encore des policiers, avec l’entrée en lutte de plus en plus de citoyens.

Ce bras de fer contre Macron le jumeau de Tatcher nous pouvons le gagner.

Ici, ce matin, nous sommes nombreux à avoir conscience de l’importance de nos services publics.
Nous sommes nombreux à avoir conscience de l’importance qu’il y a à se mobiliser, à nous mobiliser dans les grèves, dans les manifestations pour les défendre.
Nous ne sommes pas seuls. Des manifestations se déroulent dans tout le pays. Chaque jour, des agents et des usagers, des citoyens luttent.
Nous luttons pour sauvegarder notre bien commun. Nous luttons pour défendre notre modèle de société. Nous luttons parce que, pour nous, modernité veut dire humanité, entraide, solidarité, égalité et fraternité. Nous luttons parce que, pour nous, c’est à la République de l’organiser et de le garantir.

Nous pouvons gagner. Nous allons gagner. Ne faiblissons pas ! Mobilisons nous. Toujours plus nombreux. Vous aussi, les râleurs, vous qui êtes avec nous, et qui ne le savez pas encore, rejoignez-nous car n’oubliez pas : si tout est privé, vous serez privé de tout.

Face à ce pouvoir arrogant qui nous méprise, qui nous persécute, qui nous humilie, luttons pour que, chacune, pour que chacun, conserve ou retrouve sa dignité.
Nous ne sommes pas des « riens ». Nous sommes le nombre.
Nous détenons le pouvoir économique et démocratique.
Nous sommes les citoyens de ce pays.
Nous sommes la République.