Enseigner SNT et l’informatique au lycée : à qui le tour ?

jeudi 14 février 2019

C’est la grande nouveauté de la réforme Blanquer : le numérique et l’informatique deviennent obligatoires pour tous les élèves ! Un nouvel enseignement vient donc de faire son apparition dans le tronc commun de seconde : « sciences numériques et technologiques ». Qui va l’enseigner ? Que contiennent les programmes ?

Qu’en est-il des objectifs de cet enseignement et du programme ?

Paru au BO le 22 janvier, le préambule précise que « cet enseignement s’inscrit dans le prolongement de l’enseignement d’algorithmique, d’informatique et de programmation dispensé au collège en mathématiques et en technologie. »

Il est ainsi logique que le programme soit principalement axé sur l’apprentissage et la maîtrise du langage informatique (programmation, algorithmique).

Cependant, il est précisé que SNT « aide à mieux comprendre les enjeux scientifiques et sociétaux de la science informatique et de ses applications, à adopter un usage réfléchi et raisonné des technologies numériques dans la vie quotidienne et à se préparer aux mutations présentes et à venir de tous les métiers. La présentation de chaque thème débute par des éléments de culture scientifique et technologique qui peuvent proposer des repères historiques, expliciter les concepts et décrire les impacts sur les pratiques humaines des technologies présentées. »

Ainsi, chacune des 7 thématiques (Internet, Le Web, Les réseaux sociaux, Les données structurées et leur traitement, Localisation, cartographie et mobilité, Informatique embarquée et objets connectés, La photographie numérique) est traitée avec un aspect « Impacts sur les pratiques humaines ».

Qui doit enseigner ?

Le ministre Blanquer vient d’annoncer la création du CAPES "sciences de l’informatique", dont la première session se déroulera en 2020. Les stagiaires-lauréats du concours arriveront donc dans les établissements à la rentrée 2020, et seront titulaires à la rentrée 2021. SNT leur reviendra alors de droit. Mais en attendant la formation de cette nouvelle discipline, que faire ?

Facile : il s’agit de proposer aux disciplines existantes l’enseignement en SNT.

Faisant fi des compétences informatiques importantes et nécessaires pour enseigner, des collègues en Mathématiques et en Physique-Chimie sont invités à prendre en charge SNT. De même, la présence d’éléments relevant des sciences humaines et sociales conduit à solliciter les collègues de Sciences économiques et sociales.

Quelle formation ?

Dans l’académie de Besançon, il y aura 2 journées de formation en présentiel, puis il faudra suivre un « MOOC », à distance, sur son temps libre. Après cela, vous serez prêts à montrer l’utilité du protocole TCP/IP, et vous manierez les langages HTML et CSS comme personne !

Quelles conditions d’enseignement ?

Il s’agit donc d’enseigner l’informatique, en classe de seconde, à raison de 1h30 par semaine, à des élèves que les collègues n’auraient pas forcément par ailleurs en classe dans leurs disciplines de recrutement.

L’avis du SNES-FSU

Pour le SNES-FSU, la mise en place de cet enseignement d’informatique, introduit en seconde dans le tronc commun, verni du XXIème siècle sur une réforme opérant de nombreux retours en arrière, montre une nouvelle fois l’écart entre la communication ministérielle et la réalité du terrain.
De plus, la reconnaissance institutionnelle du travail individuel de formation et d’enseignement risque de se heurter à l’arrivée des collègues titulaires du nouveau concours d’informatique.

Pour les heureux gagnants, le SNES met à disposition des exemples de questions à poser lors des formations.

Nous avons encore une preuve de la précipitation dans laquelle est conduite cette réforme. A part Blanquer, qui souhaite la mise en place de la réforme Blanquer à la rentrée prochaine ?