Avancement d’échelon accéléré : il faut savoir ce qu’on veut !

jeudi 21 février 2019
par  Sandrine Rayot

Le SNES-FSU a demandé à l’administration de détailler les rendez-vous de carrière manqués de l’an dernier dans le cadre du passage d’échelon accéléré. Cela a aboutit à des échanges quelquefois ubuesques, pendant lesquels l’administration se justifie systématiquement, surtout devant l’injustifiable !

Le moment le plus pathétique de la CAPA (Cf bilan) a été l’évocation des personnels n’ayant pas bénéficié de rendez-vous de carrière l’an dernier : sur les dix collègues certifiés promouvables au 7ème ou 9ème échelon, 6 sont des femmes ayant fait le choix de prendre un congé parental suite à la naissance d’un enfant. Sachez-le, Mesdames, PPCR n’a pas prévu qu’un enseignant puisse faire ce choix, puisque le rendez-vous de carrière manqué n’est pas rattrapable ! Dans notre académie, le rectorat décide d’étudier ces situations en examinant le dossier des collègues concernés, et plus particulièrement le dernier rapport d’inspection, c’est tout dire ! Cela a permis la promotion d’une collègue sur les dix, et ce n’était pas une collègue ayant eu un congé parental. Il faut donc, Mesdames, car oui ce sont les femmes qui prennent un congé parental suite à une grossesse dans la très grande majorité des cas, se montrer stratège et programmer la venue au monde des enfants, de façon à ce que cela ne "nuise" pas à un déroulé de la carrière normal, en tout cas, au moins équitable à celui d’un homme.
Et que dire de la situation suivante : une enseignante (hé oui, encore une femme) décide de prendre un congé parental (décidément !) suite à la naissance d’un enfant, mais seulement de 6 mois, car elle sait qu’elle aura un rendez-vous de carrière cette année-là. Pas de chance, l’IPR étant malade, et les délais, pour poser un nouveau rendez-vous étant trop longs, l’inspection ne peut avoir lieu... On pourrait en rire, si derrière cette situation, il n’y avait pas une personne lésée, et un grand vide : comment faire quand on est dans une discipline où il y a un seul IPR, qui peut-être se partage entre plusieurs académies, et que ce dernier est souffreteux ??? Dans quelle mesure cette situation, où l’agent n’est pas responsable du rendez-vous manqué, n’est-elle pas révisable devant un tribunal administratif ?

Concrètement, Mesdames, cela veut dire qu’il vaut mieux éviter de fonder ou d’agrandir la famille quand on a 9,5 années d’ancienneté (nouvelles carrières), 15 ou 16 ans d’ancienneté* et 17, 18 ou 19 ans d’ancienneté*. Quand on sait que l’âge minimum d’un enseignant est de 22 ans au moment de son entrée en stage, ces moments cruciaux pour la carrière, correspondent effectivement à des périodes où on commence à avoir de l’expérience, on a peut-être enfin un poste stable en établissement et où on souhaite prendre un peu de temps pour fonder ou agrandir une famille. Quoi de plus normal ?

PPCR ne peut pas prévoir cela, c’est évident, mais comment se fait-il que rien n’ait été pensé, pour que les personnels concernés ne soient pas lésés à une époque où l’égalité hommes-femmes est devenu un étendard. En tout cas, force est de constater que, dans la gestion des personnels de l’Éducation Nationale, cela ne se traduit toujours pas en fait !

* nouvelles carrières PPCR, en fonction des passages accélérés (ou pas)