VISITE DE BLANQUER DANS LE DOUBS

POURQUOI IL A DÉCIDÉ D’ÉVITER LES LYCÉE GÉNÉRAUX
dimanche 6 octobre 2019
par  Nathalie Faivre

Le ministre de l’Education Nationale viendra en visite dans le Doubs ce lundi 7 octobre. Il n’a pas prévu de venir dans un lycée d’enseignement général, et pour cause : il n’est pas sûr de l’accueil qui lui serait réservé...
La réforme du lycée qu’il a imposée au pas de charge, malgré des avis contraires provenant d’institutions comme le Conseil Supérieur de l’Education et des organisations syndicales enseignantes, vire en ce moment au cauchemar :
- La plupart des élèves n’ont pas de manuels faute de moyens.
- Les élèves n’ont pas toujours eu la possibilité de choisir les spécialités qu’ils voulaient à cause de contraintes matérielles : emploi du temps trop compliqué ou spécialité pas ouverte dans leur établissement.
- Le concept de classe est vidé de son sens : dans chaque discipline, les élèves se trouvent dans des groupes différents, ils ne sont plus ensemble qu’en français et en histoire ; désormais pas moins de 30 profs interviennent dans une même classe. Cela vient des spécialités et des contraintes d’emploi du temps qui y sont liées. Le suivi des élèves et la simple tenue des conseils de classe deviennent un véritable casse-tête pour les proviseur.e.s.
- Les programmes sont très denses et certains chapitres d’un très haut niveau, ce qui mettra un certain nombre d’élèves en difficultés.
- Les futures épreuves de bac ne sont toujours pas clairement définies. Le calendrier des épreuves s’étale sur janvier, février, avril, mai, juin, va miter toute l’année scolaire et entraîner perte d’heures de cours et surcharge de travail.
- Les problèmes techniques se multiplient : la banque de sujets promise pour janvier connaît un bug informatique, l’application chargée de scanner et anonymer les copies en établissement ne fonctionne pas comme prévu, ni celle chargée de collecter les notes du bac -et il y en aura beaucoup...
- Les conditions d’inscription des élèves de première au bac sont floues, notamment les possibilités de choix des langues vivantes : peut-être que les élèves ayant une autre langue maternelle que le français devront payer des cours par correspondance pour avoir le droit de présenter cette langue au bac.

Le ministère ne donne pour l’instant aucune réponse aux nombreuses interrogations qui remontent des académies. La gestion de tous les problèmes matériels est renvoyée au local, à « l’autonomie des établissements », provoquant stress et sentiment d’abandon, à l’instar de ce qui se passe dans le premier degré avec les directeurs d’école.

Contact : Nathalie FAIVRE (06 37 93 85 12)