Quel avenir pour l’éducation prioritaire dans notre académie ?

dimanche 13 décembre 2020
par  Sandrine Rayot

La dernière réforme de l’éducation prioritaire date de la rentrée 2015. Après cinq années, quel est le bilan ? Comment se portent les établissements classés ? Et les autres ?

Une fois de plus, une réforme est mise en route sans réel bilan de la précédente. Pourquoi alors faire une réforme ? L’éducation prioritaire coûte chère et les difficultés sont nombreuses sur le territoire, et pas que dans les établissements des quartiers populaires. Comme d’habitude, et en particulier actuellement, au lieu d’augmenter le budget alloué à la difficulté scolaire, on va plutôt changer les critères et juste faire une redistribution pour donner un peu plus à ceux qui n’ont pas assez en prenant à ceux qui ont moins de difficultés de fonctionnement.

Actuellement, l’éducation prioritaire dans notre académie est représentée par 4 établissements classés REP+ et 12 collèges classés REP. La réforme en cours aurait pour objectif de voir perdurer le classement REP+ (classement national) et laisser le classement en REP devenir une compétence académique, c’est-à-dire voir disparaître ce classement afin de récupérer les crédits alloués pour d’autres projets.

La politique de l’éducation prioritaire est la seule action permettant de lutter contre les inégalités sociales à l’école. Lors de sa mise en place en 1981, elle était associée à une nécessaire politique de la ville, notamment pour les quartiers les plus enclavés et défavorisés du territoire. De réforme en réforme, de ministre en ministre, qu’en reste-t-il ? Pas grand-chose en fait, mais ce petit plus qui permet à des établissements d’avoir un effectif / classe un peu plus faible, d’avoir un peu plus d’heures, juste pour pouvoir vraiment travailler avec des élèves en très grande difficulté, n’est pas un luxe. Dans certains établissements cela permet juste de fonctionner.

Le problème est qu’actuellement, quel collège peut dire qu’il a assez d’heures pour bien fonctionner ? Les salles de classes sont bondées, les difficultés partout, dans les quartiers populaires, dans les zones rurales... On va aller prendre le maigre petit plus des collèges REP pour redistribuer partout où les besoins se font sentir ? Ce sera alors un jeu perdant-perdant et les perdants seront toujours les mêmes : les enfants défavorisés...

Les REP+ ne doivent pas se sentir à l’abri, même si le classement sera "sanctuarisé" (terme de M. le secrétaire général adjoint de l’académie). Pour commencer, la carte va être retravaillée et ces établissements vont devenir des cités éducatives, label qui contractualise les établissements...

La réforme de l’éducation prioritaire devrait se mettre en place à la rentrée 2022, après une expérimentation à la prochaine rentrée dans trois académies : Lille, Marseille et Nantes. A suivre...