Billet d’humeur (mauvaise)

De qui se moque-t-on ?
dimanche 13 décembre 2020
par  Elvire Celma

C’est la question que certains se sont posés à la lecture du mail transmis par leur chef d’établissement le 1er décembre et qui annonçait : « En raison de la mise en œuvre de nouvelles règles en matière d’avancement d’échelon qui nécessitent, pour les académies, d’attendre la livraison d’outils informatiques, la campagne d’avancement d’échelon des personnels promouvables uniquement à l’ancienneté est retardée. ».
Les règles en matière d’avancement d’échelon ne datent pas d’hier…, elles n’ont pas surgi « inopinément » du tiroir du ministre… En 2018, certaines académies avaient déjà signalé des difficultés techniques dans la prise en compte du passage à l’échelon supérieur… Nous sommes en 2020 ! Que s’est-il passé entre temps ? L’information ne circule-t-elle pas entre services des différents rectorats ? Ou bien a-t-on décidé en haut lieu que ces problèmes techniques d’avancement d’échelon pouvaient attendre… ?
D’autre part, il est légitime aussi de se poser la question suivante : d’où viennent ces « outils informatiques » qui n’ont pas été livrés au Rectorat ? Quels chemins empruntent-ils ? « L’entreprise » responsable de cette livraison laisse dans le désarroi tous ceux qui attendaient une amélioration de salaire avec les effets de l’avancement.
Alors nos collègues sont en droit de s’interroger sur l’éventuelle procrastination des services de Direction des personnels enseignants (DPE) dans le traitement des problèmes techniques de l’avancement d’échelon ou sur l’absence totale d’anticipation de ce service dans l’installation d’outils informatiques capables de traiter l’avancement d’échelon.
Ce service est-il si loin des réalités des enseignants qu’il en oublie que ces questions de carrière sont extrêmement importantes pour l’amélioration des salaires ? Et dans le contexte actuel où le ministre annonce une revalorisation minime pour un tiers des professeurs titulaires après avoir promis monts et merveilles à tous… comment la DPE peut-elle envoyer un mail si froid, comme si quelques semaines d’attente ne changeaient rien ? Même s’il est précisé dans ce message que la campagne « devrait se dérouler courant janvier 2021 » l’emploi de ce conditionnel n’est pas fait pour rassurer.
La DPE aurait dû s’adresser directement aux personnels concernés, au lieu de transiter par les chefs d’établissements, et leur présenter ses excuses tout en leur apportant des explications autres que celles d’un retard de livraison ! Cela aurait pu limiter la colère que ce mail a suscitée et ne pas renforcer ce sentiment de mépris à l’égard des réalités salariales des enseignants.