Qui est gagnant lors de la fusion de 2 établissements ?

Exemple pratique avec le lycée Jules Haag de Besançon.
dimanche 13 décembre 2020
par  Anne Lescalier

Dans le cadre du Plan lycées validé en 2014, il avait été prévu de fusionner le lycée professionnel Montjoux avec le lycée Jules Haag (Lycée général, technologique et professionnel), dans l’intention de procéder à la désaffection du lycée Montjoux ( site Marceau). Le but était de ne plus entretenir ce dernier site. En 2015, la Région et le rectorat ont mis en œuvre cette fusion en réfléchissant à redistribuer les formations sur différents établissements, en particulier sur le lycée Jules Haag. Les personnels des 2 établissement ont lutté contre cette mesure qui était un non-sens pédagogique et économique, et qui a entraîné le départ du BTS MMV vers Montbéliard afin de libérer des locaux.

En 2018, la Région est revenue sur sa décision de fermer le site Marceau mais la fusion administrative des deux EPLE était effective et n’a pas été remise en question. Pour le rectorat et la région il n’existe plus qu’un établissement et les moyens qui lui sont attribués sont calculés au prorata du nombre de ses élèves sans tenir compte du fait qu’il subsiste deux sites éloignés géographiquement et donc deux structures distinctes d’administration (intendance, BVS, secrétariat…) d’hébergement et de restauration. Conséquence de cette fusion : une forte diminution des postes alloués au fonctionnement. (cliquez sur l’image)
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Ainsi, le travail demandé est le même mais avec moins de personnel ce qui entraîne un surcroît de travail à tous les niveaux et moins de services rendus : un moins bon suivi des élèves, un CDI fermé ce qui fragilise la prise en charge des élèves en difficulté. Et un surcroît de travail pour le seul DDFPT, poste indispensable dans un établissement professionnel, technologique et post-bac avec des élèves devant effectuer des stages tout au long de leur cursus. Ceci alors même que le rectorat s’était engagé à maintenir le poste de Marceau tant que la fermeture du site n’était pas effective. Enfin, l’équipe de direction reconnait un surcroît de travail très important.
La souffrance au travail de certains personnels est évidente, ce qui s’est quelquefois traduit par des arrêts maladies. Le travail des professeurs est aussi impacté par ces suppressions de poste et des tensions commencent à se faire sentir entre les deux sites à cause de ces fermetures qui pénalisent alternativement Labbé et Marceau.
4 ans plus tard, la fusion montre toutes ses limites dont certaines n’avaient pas été pressenties.
Grands gagnants de la fusion, le rectorat et la Région qui peuvent ainsi supprimer des postes au motif d’une seule entité. Grands perdants : les personnels et les élèves victimes de la baisse des services rendus.