Violences à l’école : Blanquer, l’arroseur arrosé - Communiqué de presse SNES-FSU

mercredi 24 octobre 2018
par  Nathalie Faivre

Le ministre Blanquer a cru allumer un contre-feu efficace en affirmant de façon martiale qu’il allait « remettre de l’ordre » et faire cesser les violences des élèves à l’encontre des profs à l’école, mais il se prend en pleine face les tweets de #PasDeVague, expression de l’exaspération de personnels confrontés depuis des décennies à un abandon de l’institution.

Pendant longtemps, l’école a été considérée comme un sanctuaire dans lequel les tensions sociales ne s’exprimaient pas. Quand l’institution s’est enfin dotée d’indicateurs précis (recensement des sanctions, punitions, incidents), elle les a instrumentalisés pour en faire un outil d’évaluation de la gouvernance des établissements. Tout établissement qui punit beaucoup est considéré comme un établissement qui dysfonctionne, et dont le chef ne sait pas gérer les difficultés, avec impact sur sa carrière, voire sur la prime annuelle avec part variable qu’il perçoit. Conséquence : aucun chef d’établissement n’a envie de prendre de sanctions… sauf ceux qui sont proches de la retraite ! Les enseignants sont donc la plupart du temps renvoyés à leur « incompétence » ou « difficultés » et éprouvent un fort sentiment d’abandon par rapport à ce que l’on appelle les « incivilités » (chahut, insultes, menaces) dont l’absence de traitement porte en germe des violences plus graves. A titre d’exemple, au lycée A de Besançon, il a fallu que des collègues menacent de se mettre en grève pour que le chef d’établissement se résigne à punir un élève ayant traité l’une de ses profs de « sale pute ». Au collège B, le chef d’établissement a recommandé à une collègue qui s’énervait de l’impunité d’un élève multi-récidiviste de « prendre un congé maladie » parce qu’elle avait un « problème d’hormones ». Elle était enceinte…
Les solutions au problème de la violence à l’école ne sont pas simples. Au-delà d’une nécessaire simplification de certaines procédures de sanctions et d’un changement des critères d’évaluation des chefs d’établissement (et donc de leur posture), il s’agit d’un problème de politique générale. L’école n’est que la caisse de résonnance des tensions sociales actuelles et la première violence, ce n’est pas celle des élèves envers leurs profs mais celle d’un système économique et d’une politique qui exclut, précarise et culpabilise les plus fragiles. De nombreux élèves ne peuvent plus adhérer aux « valeurs de la République », parce qu’elles n’ont plus cours pour eux et leurs familles dans un système éducatif qui ne permet plus de compenser les inégalités. Les élèves ne sont pas aveugles et voient bien qui réussit à l’école et qui échoue : comment s’étonner que certains développent des frustrations et passent à l’acte ? Dans ce contexte, un ministre qui, sous couvert « d’école de la bienveillance », supprime 2650 postes pour 30 000 élèves de plus, et donc autant d’adultes pour encadrer des élèves qui en auraient besoin et qui aggrave les clivages sociaux via toutes ses réformes (Parcours Sup’, réforme du lycée, réforme du bac, fusion des académies…) s’apparente à un pompier pyromane.
Et que dire d’une présidence de la république pour qui les règles « C’est du bullshit » ...

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